
Sophie Verger, avait en 1999 occupé un mois durant l’ensemble de l’immense galerie du château de Grouchy à Osny. Depuis, elle a produit une série d’expositions personnelles qui l’a conduite de Boulogne sur Mer à Vichy, du Musée Pompon de Saulieu au Musée aquarium à Nancy, de salon en salon (Mac 2000, Comparaison, Linéart), de galerie parisienne en galerie de province, d’émission de télévision en émission de télévision, un long périple au cours duquel s’est forgée une maturité artistique aujourd’hui reconnue.
Après avoir, cette année, obtenu le prix Camille Claudel du salon Manganèse, elle s’installe pour un mois à la mairie de Saint Ouen l’Aumône où elle présente son univers de terre, bronze, grès et dessins.
Daniel Boulanger de l’Académie Goncourt dit d’elle « …. on en parle toujours au singulier. Singulier en effet celui de Sophie Verger. C’est l’arche de Noé, avec un Noé sans barbe mais le visage souriant d’une forte femme discrète à qui on ne la fait pas. Elle s’occupe de toutes les bêtes, vous êtes donc concerné, car si vous avez l’apparence humaine, elle voit tout de suite les animaux qui vous habitent, et pas seuls mais en famille, les girafes par trois, les éléphants en grappe, les rhinocéros à la mêlée sous l’œil des petites filles. D’où cette tranquillité qui efface aussitôt l’étonnement… »
Le Docteur Lise Cormery qui préside aux destinées du symposium mensuel de l’Université de Paris 7 sur l’art contemporain écrit
« D’emblée le bestiaire de terre et de bronze de Sophie Verger m’a interpellée par l’expression de ces animus-anima, anima-ux, nos amis, nos frères de cœur, à l’âme palpable, à l’amour omniprésent. Sa sculpture apportait quelques éléments de réponse à cette question qui toujours me hantait : Amis animaux avez-vous une âme ?
Sculptures miniatures ou monumentales, de terre ou de bronze, colonnes d’abyssins, Cheval et Pégase, Lions et pyramide de lions, Rhinocéros, Acrobates ou Danseuses, Oursons, mais aussi si troublantes, si douces fraternités, Les cinq hiboux, Les trois éléphants dansant, les Trois mammouths, touchantes Nativité, Maternité ou Paternité, si pleines de profonde humanité, si éloignées de notre inhumaine humanité : Poisson, Pieuvre, Oiseau. Quant à la série des Femmes Girafes, avec Les trois Eve, elle nous renvoie non seulement à la condition précaire de l’animal, si gracieux, si fragile, mais aussi à celle de la femme ou femme girafe condamnée à mort si l’on retire les anneaux imposés par la barbarie des hommes.
Serait-ce à un voyage spirituel et universel, que, sous un certain regard, l’œuvre de Sophie Verger nous invite ?
A voir
Exposition de sculptures d'extérieur du 3 au 29 juin 2007 dans les jardins du musée Daubigny
Auvers sur Oise