
« Je vais dévoiler tous les mystères : mystères religieux ou naturels, mort, naissance, avenir, passé, cosmogonie, néant. Je suis maître en fantasmagories.
Ecoutez!... »
Un texte théâtral. Une oeuvre architecte de la langue, de la modernité.
1873 : Rimbaud rédige Une saison en enfer, l'un de ses derniers textes, avant l'abandon de l'écriture. Il parle de lui, observe son présent, se nourrit du passé et aguiche notre réalité. Multiple, à la croisée du familier et du littéraire, implacable bien que non efficace, Une saison en enfer se lit, se joue et se reçoit comme un baiser, empoisonné et savoureux. Il faut alors aborder, non pas le personnage de Rimbaud lui-même, mais plutôt tous les caractères qui, dans un jeu de rôles poétique, s'entremêlent jusqu'à n'en former plus qu'un. Une saison en enfer dresse alors notre propre portrait, celui de l'homme moderne, sans cesse écartelé entre tradition et révolution.