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La nuit des rois

Jusqu'au Samedi 31 Mai 08
Paris - Paris 20 (75020)
Théâtre des quarts d'heure

Quand une jeune femme se fait passer pour un homme, qu'elle tombe amoureuse d'un Duc lui-même éperdument amoureux d'une Comtesse qui s'éprend de la travestie, laquelle est prise dans une querelle fomentée par des farceurs, qui font par ailleurs croire au naïf intendant de la Comtesse que sa patronne l'aime, puis que le frère jumeau de la travestie est confondu avec sa sœur, c'est un beau charivari digne du fou du coin. Avec une richesse du langage qui galvanise les personnages.
Ici légèrement resserrée pour huit acteurs et un espace scénique intime, cette pièce mélange les tons d'une manière typiquement shakespearienne.


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"La nuit des rois", ou "ce que vous voulez".
une jeune femme se fait passer pour un homme... on fait croire à un serviteur naïf que sa maîtresse l'aime... une fausse querelle est montée pour le pur plaisir de la farce...
l'ambiance est à la fête, on commence à croire que tout est permis...
les identités vont-elles se révéler, quelles amours vont naître à partir de ces mystifications?
jusqu'où ça va dégénérer?

Il y a ceux qui s'accrochent à ce qu'ils se croient être (la jeune femme en deuil, l'amoureux éconduit...) , ceux qui veulent changer (l'intendant frustré...), ceux qui ne savent plus qui ils sont... on se croit formaté par son sexe, sa condition sociale, son caractère, mais dans un moment exceptionnel comme dans cette nuit des rois, les évènements redistribuent les choses. On ne maîtrise pas tout, même si on ne cesse de vouloir le faire, telle est notre condition, on peut s'en émouvoir ou en rire, c'est un leitmotiv shakespearien.

La plupart de ces personnages se font des illusions, de par les manigances des autres, ou de par leur propre imagination. Mais que chacun croit à son étoile, quitte à déchanter par la suite, voilà l'énergie qui fait tourner le monde. Amour et désir d'amour mènent la danse.

La truculence des personnages comiques, l'intransigeance des sentiments des personnages sérieux, l'idéalisme de tous... sur le canevas d'une intrigue fantaisiste qui apporte la légèreté, dans un lieu et une époque imaginaires qui nous permettent de mêler les références visuelles, Shakespeare aime les grands sentiments.
Avec son goût baroque de mêler poésie et comique, pour explorer les facettes du comportement humain. Avec la richesse de son langage, qu'il ne réserve pas à une élite. Il en fait don à chacun: les nobles et les serviteurs, les rusés et les naïfs, les femmes et les hommes, les doux et les violents, vous et moi...

Si les mots ont un tel pouvoir, c'est que l'image a moins d'importance que le regard qu'on porte sur elle, même dans notre civilisation de l'apparence triomphante. Le réel ne prend sa valeur que quand nous le ressentons et l'interprétons à notre guise. Le théâtre est le lieu idéal pour explorer cette dimension. La réalité s'enrichit de nos fantasmes, c'est ce que nos personnages nous transmettent avec ferveur et c'est ce que – dans cette histoire incroyable de jumeaux et de travestissement - , les péripéties de la pièce nous racontent.

Les confrontations finissent par dissiper les mirages. Tout point de vue n'est que provisoire, mais que les croyances soit si éphémères ne fait qu'augmenter leur valeur.
D'ailleurs, un spectacle, n'est-ce pas une sorte de mirage?




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