
L'enseigneur
De Jean-Pierre Dopagne
"En entrant, j’ai compris. J’ai vu leurs jeans et leurs baskets. J’ai vu leurs fesses en équilibre précaire au bord des chaises. J’ai vu leurs torses affalés. Et leurs chewing-gums. Leurs yeux vides et leurs regards morts. Une classe terminale !
Comme chaque premier jour d’une nouvelle année, je leur ai posé la question : «Qu’est-ce que ça veut dire, être prof de littérature?» «De toutes façons», m’a dit un jour un élève, «il y a des choses plus importantes». Il avait raison. Il y a tous les gens qui font la quête dans le métro ou sur le seuil des églises. Il y a les stades de football qui tuent. Et les enfants qui crèvent de faim. Et la forêt d’Amazonie.Le trou de la couche d'ozone. Et la guerre, la mondialisation, le chômage, le fanatisme, le racisme… Ça, c’est important. Pas la vie d’un prof !"
(Ed. Lansman)
Une pièce qui tape là où ça fait mal! Pas pour régler des comptes à l'éducation nationale! Ni pour faire une leçon de morale rétrograde. Mais pour penser autrement ce qui fonde l'acte d'enseigner et d'apprendre. Une pièce écrite avec l'amour et la rage d'un passionné de la transmission. Prof lui-même. Passeur de textes. Quelqu'un qui réfléchit sur la place du théâtre contemporain dans les classes. Humour féroce, corrosif et subversif, mais pas du tout donneur de leçons!
Nous voulons jouer cette pièce non seulement dans les théâtres mais aussi dans les établissements scolaires : collèges et lycées. Nous pouvons organiser des rencontres avec les élèves et les enseignants après la pièce pour débattre du vrai sujet de la pièce qui est d'une brûlante actualité : Voitures en flammes & ados en colère, latin & grec virés des programmes. Enseignements techniques méprisés & études de prestige réservées à une certaine catégorie, quoi qu'on en dise. Accès à la connaissance pour tous compromise & époque de transition et de confusion…
Le théâtre pour se distraire et s'évader de la rude réalité d'aujourd'hui, bien sûr. Mais aussi pour réfléchir un peu, tout de même…
CV de Jean-Pierre Dopagne : né à Namur (Belgique) en 1952.
Nourri de culture gréco-latine, il étudie la philologie romane, le théâtre et la littérature, qu'il enseigne pendant quinze ans. Il est aussi musicien, sa préférence allant à la musique baroque et à Jean-Sébastien Bach, qu'il interprète à l'orgue et au clavecin. Il travaille actuellement dans son pays, à renforcer les liens existant entre les arts et l'enseignement.
Jean-Pierre Dopagne s'est fait connaître du grand public par l'Enseigneur, un des plus grands triomphes du théâtre belge des dernières années et dont une version appelée Prof! a remporté le même succès à Paris avec plus de 300 représentations dans l'interprétation de Jean Piat, avant d'être traduit et représenté en plusieurs langues.
Tout au long de ses pièces, Jean-Pierre Dopagne explore les dysfonctionnements de la société et de l'âme humaine à travers une écriture où se mêlent la tendresse et l'humour.
Héritier et défenseur d'un théâtre "populaire" qui prend la vie à témoin, il s'impose depuis quelques années comme l'un des auteurs les plus régulièrement joués sur les scènes belges ainsi qu'à Paris et dans un nombre croissant de pays, européens et autres.
Quelques dates de notre compagnie:
Toutes les mises en scène sont de Mario Dragunsky (diplômé d'État). Les spectacles marqués d'un * indiquent scénographie et/ou costumes & objets de Danielle Loup.
2004 /05 "Gabriel ou le meilleur"* de Mario Dragunsky
2004 "Criminel"* de Javier Daulte (Rodez) (avec Marie Delmarès, Bernard Blancan & Mario Dragunsky)
2003/05 "Comme une histoire d’amour"* d’Arthur Miller
2001/05 Maracas Cosmiques* de Mario Dragunsky
2000 Borges en scène* de Mario Dragunsky
1999 Buenos Aires Buenos Tangos* de Mario Dragunsky & Fernando Millet
1998 La Misa Criolla avec Anibal Bresco et Fernando Millet
1997 Boucle Loops avec Big Band Gironde & É Rolin, E Baron et S Balsamo
L’Orfeo* opéra de Monteverdi avec Marion Fribourg et Jean M Laugier
Noces de Sable de D. Van Cauwelaert (Bordeaux)
1996 Iphigénie Hôtel de Vinaver
Sonrisas para ti* création d'après Tchékhov (tournée en Espagne)
Hamlet Machine de H. Muller (Bordeaux)
1995 Mademoiselle Julie de Strindberg (Bordeaux) décor de Roberto Plate, lumières de Jacques Rouveyrollis
Fiche technique :
Nous pouvons assurer l'intégralité de la technique pour les salles non équipées.
Nous pouvons jouer dans une salle de classe ou un autre espace scolaire dans les conditions lumière "nature" de cet espace, c'est-à-dire avec la lumière dans laquelle un vrai prof exerce son métier!
Pour les salles équipées la fiche technique sera très simple et ne nécessitera pas plus d'un service d'installation et répétition. Nous assurons également toute la prestation technique son & lumière si besoin (n'hésitez pas à nous contacter à ce sujet). Toute la prestation rentre dans notre véhicule (technique, décor & personnel!)
Durée : 1h15
Jeu, lumières et mise en scène : Mario Dragunsky
Scénographie, costumes : Danielle Loup
Contacts : 06 63 73 99 42 & 06 88 12 48 54
Tél : 05 57 87 09 55
Fax : 05 57 87 17 58
12 rue Paul Berthelot 33300 Bordeaux
(à côté de la Place Picard, quartier des Chartrons)
Site internet : www.les4cats.com
Mail :
Une critique de la revue professionnelle Rue du Théâtre :
L'enseigneur
De Jean-Pierre Dopagne
"Où est le temps béni où le professeur exerçait un pouvoir incontestable et incontesté, où, démiurge respecté en sa chapelle, il officiait en paix et portait fièrement son sacerdoce ? Ce temps n’est plus et la pièce est tout sauf un plaidoyer rétrograde ; un cri d’amour pour une profession légèrement désenchantée peut-être…L’enseignant n’est plus ce bon berger, il est tout au plus une bête de foire jeté en pâture à une meute de loups au regard bovin et impavide. Les yeux des gamins ne sont plus avides d’apprendre mais plutôt lestés par la vacuité de leur indifférence. La tête du prof apparaît, encadrée dans une lucarne, pour apprécier le degré d’affaissement des élèves sur leurs bureaux, indicateur symptomatique de leur potentiel d’attention disponible. Le pan s’effondre et révèle le prof, tapi, sous son bureau, écrasé, traqué. Lorsqu’il se redresse, c’est toujours cloîtré dans la quadrature d’un cercle infernal qu’il évolue sur scène, comme un ours en cage. Réclusion derrière son bureau ou détention derrière les barreaux, l’appareil scénique met ingénieusement le tout en un : blockhaus infernal !
« Qu’est-ce que ça veut dire être prof de littérature ? ». C’est avec cette question rituelle que ce professeur désabusé, incarné avec tendresse par le metteur en scène Mario Dragunsky, initie le cérémonial de la rentrée des classes. Cette question, c’est le point de départ d’une longue digression tour à tour désopilante, attendrissante, passionnée et désespérée. Tout y est : retour sur les illusions du débutant, intronisation en salle des profs, collègues dénués de tous scrupules déontologiques ou passionnés par tout, sauf par leur matière ; Mario Dragunsky se joue à merveille de tous ces « rôles » et endosse même celui des élèves en forçant à peine la caricature…
Questions ineptes pour faire passer le temps, stigmatisation des camarades travailleurs comme « traîtres à la corporation des léthargiques », admiration pour le professeur à l’aune de son endurance à les supporter…Cette petite leçon est drôle, vive, cinglante et délicieusement cynique !
Le tableau vous semble noir ? Ne soyons pas candides, la représentation dépasse à peine la réalité mais les tableaux désormais sont verts, il y a de l’espoir ! D’ailleurs, y aurait-il une telle amertume goguenarde dans le texte édifiant de Jean-Pierre Dopagne s’il n’avait pas tant d’affection pour ces chieurs réfractaires et le désir insatiable de croire en ce qui reste une profession de foi?"
Bérénice FANTINI du journal professionnel en ligne : rue du theatre
Toutes les critiques sont dans notre site www.les4cats.com
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