
Les pousses se sont imposées dans mes recherches, comme métaphores de ces êtres si désespérément proches que sont nos "semblables". Elles m'ont permis notamment d'échapper à la promiscuité gênante du nu que je pratique très régulièrement, en créant une distanciation efficace.
Le sujet s'est trouvé immédiatement validé par l'observation attentive des plantes, partout: J'ai retrouvé là des ondulations équilibrées qui m'étaient familières, un port de fleur, un retrait de feuille, comme si nous partagions ces postures à la fois individuelles et universelles. Leurs significations nous sont totalement étrangères, elles gardent néanmoins pour chacun un fort pouvoir évocateur, accentué par l'étrangeté qu'elles acquièrent par ce décalage.
J'exprime cela dans un style qui, loin de schématiser, crée une complexité originale qui nous emmène plus profondément dans le sujet. Il s’agit, à l’huile comme à l’eau, de synthétiser les apparences pour pouvoir se consacrer à la variété des sensations qui s’y attachent. Le dix huitième siècle est mon guide permanent de Watteau et Fragonard à Hokusaï, et je profite à postériori d’échanges qui n’ont pas pu se faire en leur temps.